NEW ROSE, bois, métal, plexiglass, terre, plantes, ciment, 2022
Cette installation composée de trois éléments se présente comme une arche utopique,  évoquant à la fois l’architecture traditionnelle landaise et l’univers transgressif du Punk. A l’intérieur, trois sculptures sont formées par des empreintes en ciment d’emballages plastiques, comme des vestiges de la société de surconsommation ou comme un paysage de ville futuriste. Mais la nature reprend ses droits et les plantes occupent l’espace. Alors projetons-nous dans un avenir coloré, apaisé, accueillant pour les végétaux, les oiseaux, les animaux, les insectes … Un beau futur sous le signe de la réconciliation entre la faune, la flore et l’humain. Une réunion qui poserait les bases d’un monde nouveau.

RÉITÉRATION, bois Wingé, 2021-2022
L’arbre est un organisme vivant, capable de se régénérer. Il grandit et se développe de branches en branches de manière perpétuelle. Ce phénomène s’appelle la réitération. L’arbre est aussi utile pour des activités humaines mais il est surtout indispensable à la vie sur Terre. Ces quelques volumes géométriques, surgissant de l’écorce du chêne liège, sont comme le prolongement de l’arbre, comme pour soutenir sa croissance mais aussi rappeler cette permanence du végétal dans le quotidien de l’homme.

MANIFESTE par Karinka Szabo-Detchart
Envisager un avenir radieux en ces temps passablement brumeux, ce n’est pas nier le constat accablant du dernier rapport du GIEC  annonçant la sixième extinction de masse si l’on ne change pas de paradigme, mais c’est donner un coup de pieds dans la fourmilière pour faire acte d’un engagement féroce afin d’ éviter le pire et montrer qu’il existe un futur positif , une alternative à cet état factuel de destruction du vivant. Emanuele Coccia, dans Métamorphoses, pense que « La terre et un objet de jardinage » et «  L’environnement n’est pas quelque chose qui préexiste aux espèces naturelles, c’est quelque chose que chaque espèce remodèle à son image » Selon le philosophe, l’homme s’étant approprié la terre en l’asservissant et en la remodelant pour ses propres intérêts a nié les autres vivants et a occulté sa propre appartenance ou  filiation à la Terre. Il a mené l’ensemble des vivants vers une disparition progressive mais bien engagée. Notre attitude doit changer et l’on doit reconsidérer le monde autrement . Il est à nouveau temps de clamer haut et fort «  No futur » dans ce monde actuel ,guerrier et aveugle, proposé par les politiques et les classes dirigeantes qui n’en finissent pas de reporter les mesures nécessaires au changement salvateur pour l’environnement. Nous ne voulons pas de ce futur  et il faut agir de manière radicale. Être Punk ou ne pas être ! Faire preuve de bon sens en rétablissant l’équité entre les vivants, et des relations apaisées et respectueuses. Il faut « Faire acte », face à la passivité des pouvoirs en place . Il faut avoir conscience qu’un autre monde est possible. Il ne faut plus considérer la Nature comme la préhistoire de la culture, ni comme extérieure à nous même, mais comme notre présent , notre avenir, notre salut et envisager un « Beau futur pour tous » pour l’ensemble des vivants,  en le préparant sans attendre. Franchir les limites, détourner les codes, créer le désordre, transgresser l’ordre établi par les hommes et se diriger vers une expérience collective pour retrouver cette énergie « sauvage » apte à susciter des visions d’avenir. « Se réensauvager » au sens de renouer avec tous les éléments de la nature, cultiver le métissage pour habiter un monde  harmonieux , déconstruire pour mieux reconstruire en créant un environnement sain pour tous loin de tout chaos annoncé. 
Karinka Szabo-Detchart


« N E W   R O S E  »  , Installation bois (pin) , acier, ciment, Plexiglas, végétaux. par Karinka Szabo-Detchart
Ce  dispositif plastique envisagé pour Maxi 4, interroge notre façon d’habiter le monde dans le futur et nous propose un prisme prospectif rassemblant potentiellement tous les vivants. L’installation se présente telle une arche , une assemblée de toutes les espèces animales, végétales, humaines, un lieu unique sans frontière ou tout espace peut se transformer en un autre, où tout vivant peut vivre la vie de l’autre, la comprendre et la respecter. L’œuvre devient un enchevêtrement de vies possibles, qui par sa porosité ne délimite plus un espace intérieur ou extérieur  et s’oppose à l’archétype de la maison avec murs,  certes protecteurs mais enfermant tout autant. La volonté affichée est de rompre avec l’anthropisation du monde, l’humanisation des non-humains et de proposer un espace  « Arcadien » de réconciliation. Sur terre tout est en mouvement  et se métamorphose en permanence comme dans cette structure qui nous offre tout à la fois un prototype architectural, qu’une vision   futuriste de la ville, qu’un refuge pour différentes espèces animales ou végétales . Au centre de curieuses sculptures offrent l’image d’une cité future utopique tout en évoquent aussi certaines villes antiques perdues englouties par la nature. Au premier abord on ne se rend pas compte de la nature particulière des matériaux mais en se rapprochant on réalise que les modules sont faits de moulages de déchets dommageables pour l’environnement. Tel un palimpseste, les moules de  plastique sont comme figés pour l’éternité dans du béton soulignant sa permanence et sa toxicité. A la fois trace d’une pollution et espoir d’une reconstruction, ces « briques »  offrent une solution de réemplois vertueux d’un matériaux encombrant et polluant. La verrière teintée protège et projette selon le moment de la journée une couleur sur ces énigmatiques architectures engendrant une ambiance particulière apaisée ou angoissante, naturelle ou artificielle,  irréelle voir surréaliste. Les câbles d’acier tendus érigent  une limite virtuelle , poreuse ou pas selon l’Être qui  tente de la transgresser. A travers ce rideau, une incertaine apparition des choses s’offre au regard du promeneur.  Ce filtre indécis sépare deux espaces tout en les reliant et se mue en tuteur, support ,ou  guide pour les plantes grimpantes qui s’y accrochent. Assimilable au Sudare japonais ce dispositif est à la fois seuil et mur, ouverture et fermeture. Les végétaux ne sont pas envahissants mais vivants , tout aussi chez eux que chez les autres , venus amicalement à la rencontre de l’autre,  réparer et adoucir l’espace vicié, irrespirable du monde à l’ère de l’anthropocène. Ces organismes par leur présence nous rappellent le rôle essentiel qu’ils jouent dans la vie de tout être vivant. L’œuvre est en constante évolution, se métamorphose au gré des mois, elle tend vers l’essentiel interconnexion du vivant à l’instar de la nature  . Elle apparaît comme un espace où chaque espèce peut s’ immiscer , se projeter , se réfugier, s’ abriter, se rencontrer et envisager ce territoire comme un modèle d’avenir où il nous est possible d’envisager un récit optimiste , «  un Beau Futur »,  basé sur une nouvelle éthique environnementale celle  d’aimer sa planète et de la protéger en activant toutes nos capacités. Il nous est alors permis au-delà du  rêve , d’ aimer la Terre comme faisant partie de nous même ou nous envisager comme une partie de la Terre et d’agir de manière concrète  tout en criant haut et fort «  BO FUTUR » .

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